Je connais le nom des arbres, le nom des plantes, le nom des bêtes. Je ne sais pas bien comment j’ai eu envie, mais c’était important. Il en existe tant que je ne saurai jamais tout. J’apprends les mots et tout ce qui m’entoure se met à exister. Je m’assieds en clairière, le dos au tronc d’un hêtre. Ma main va sur les mousses. Je caresse à peine. Je murmure doucement : Thammie queue de renard, polytric élégant. Je m’y cale léger. Il ne faut plus bouger.
Xavier Houssin, La fausse porte, Stock
