Bonheur portatif

par Philippe Guerry


  • [ – 4]

    « Yes, it could begin this way, right here, just like that, in a rather slow and ponderous way, in this neutral place that belongs to all and to none. » [« Oui, cela pourrait commencer ainsi, ici, comme ça, d’une manière un peu lourde et lente, dans cet endroit neutre qui est à tous et à personne. »] Continue reading

  • [ – 3]

    (Je descends en silence les petites marches de la terrasse.)(Brume épaisse.)(Je fais des petits mouvements d’épaules.)(Je fais des petits mouvements de bras.)(Je fais des petits mouvements de jambes.)(Je ne fais que ça.)(Je m’étire.)(Je m’étends.)(Je m’assouplis.)(Je me désensommeille.)(J’entends que ça craque.)(Je sautille.)(Je frétille.)(Je ne tiens plus en place.)(J’attends sur le trottoir comme un chien sa promenade.)(Personne Continue reading

  • [feuilleton] [préambule – 1 bis]

    Dans les tout premiers jours de 2026, j’ai emménagé au 11 de la rue Simon-Crubellier — un immeuble dans une rue qui partage obliquement le quadrilatère que forment entre elles, dans le quartier de la plaine Monceau, XVIIe arrondissement, les rues Médéric, Jadin, De Chazelles et Léon-Jost — pour y effectuer une résidence d’écriture. J’y Continue reading

  • [feuilleton] [préambule – 1]

    (Où les mots mènent.)(Nulle part.)(La nuit, je tourne en boucle.)(Douter me réveille.)(Je ressasse.)(Je répète.)(J’écoute.)(J’attends.)(J’entends que ça goutte.)(Derrière une cloison.)(Je ne sais pas ce qui goutte.)(Ni d’où ça goutte.)(D’où ça fuit.)(Ni où ça s’enfuit.)(Où ça s’insinue.)(Où ça dégoutte.)(Mais ça goutte.)(Et chaque goutte.)(Allonge la liste.)(Des choses à faire.)(Et contre les choses à faire.)(Pas grand-chose d’autre à faire.)(Que Continue reading

  • Décembre, semaine 49 – Riz, bac, bof

    1er décembre Je cours. J’ai beaucoup de mal à me remettre au travail. Je n’ai pas grand chose à faire, mais c’est déjà trop. Je réévalue en permanence le moment où je ne pourrai faire autrement que de m’y mettre. La matinée y passe. J’aimerais ne faire rien d’autre que rester chez moi à lire Continue reading

  • Novembre, semaine 48 – Madrés, impair, étais

    24 novembre Je traverse la pampa pour me rendre à la Villa Perochon, à Niort, où je retrouve des étudiants pour un atelier mêlant photo et écriture. Un restaurateur semble presque insulté que je lui demande s’il est possible de prendre un café à sa terrasse : « D’autres lieux font ça très bien. » Mais pas Continue reading

  • Novembre, semaine 47 – Croisement, position, brouillard

    17 novembre Je cours. Je passe une heure en compagnie d’une jeune dramaturge québécoise en résidence. Moment d’indécision : je ne sais pas si je dispose d’un temps trop long pour rester à traîner en ville avant l’atelier de cet après-midi (d’autant qu’il fait froid), ou si je dispose d’un temps trop court pour rentrer Continue reading

  • Novembre, semaine 46 – MP3, QR-code, CHU

    10 novembre Il fait froid, il pleut et j’ai la flemme d’aller courir. J’ai droit ce matin à une visite guidée personnalisée de la tour de la Lanterne, en prévision d’ateliers d’écriture que je dois y mener avec des classes de primaire dans les jours à venir. Je passe l’après-midi à l’hôpital, à demander et Continue reading

  • Novembre, semaine 45 – Bétail, baballe, billet

    3 novembre Je cours. Je prends le train pour me rendre dans un lycée du centre-ville, animer un atelier d’écriture. Chaque fois que je prends le train pour ce trajet trop court, il me prend l’envie de partir en voyage via ces petites lignes de T.E.R., de choisir toujours une place près de la fenêtre Continue reading

  • Octobre, semaine 44 – Malédiction, hiver, caramels

    27 octobre Quelques secondes ou minutes avant que mon réveil ne sonne, je rêvais que j’essayais de réserver par téléphone une chambre d’hôtel pour le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges. Une série d’appels infructueux, où je tombais inexorablement sur une machine qui me proposait des choix stupides, où j’étais mis définitivement en attente, où ne Continue reading