J’ai besoin d’une voix profonde,
d’une voix profonde et fatiguée,
d’une voix dont le souffle inquiète
comme inquiète le silence qui sourd
des rocs jetés en chaos,
d’une voix qui remonte,
et traverse,
le cours d’un souffle tumultueux,
d’une voix dont la vibration lourde
traduise en volutes épaisses
la légère sonatine des jours,
le bruit des couverts qu’on remet,
le tintement discret des verres,
le cliquetis timide des fourchettes,
le timide cliquetis des couteaux.
