Les enfants jouent derrière la maison. Ils font cramer avec leur loupe l’œil d’un oisillon mort et ça les fait hurler de rire à cause de l’odeur et hurler de faux dégoût parce que quand même, un oisillon mort. Je les regarde de loin, amusé. Ils cherchent la bonne distance, le bon angle, pour concentrer avec la meilleure efficacité les rayons du soleil sur la minuscule carcasse rose. Jouer avec un oisillon mort, je cherche les implications morales. Ils s’entraînent sur les moignons d’ailes. De grands rires de cruauté transgressive. L’enfance. J’ai la flemme de tondre la pelouse, j’y foutrais bien le feu moi aussi, ainsi qu’à la maison.
