Aujourd’hui je croise l’expression “une voix de rogomme” dans un article d’Arnaud Gonzague dans l’Obs (pure rhétorique quant à la date) :
““Elle m’a dit ‘ces gens-là’ ! Non mais, tu vas voir ce qu’ils vont te
faire, ces gens-là !” fulmine cette quinquagénaire à la carrure de
malabar et à la voix de rogomme.”
J’apprends avec délectation qu’elle désigne une voie éraillée, abîmée par l’alcool et le tabac, une voix de rocailles et de fond de gorge. Me retombent immédiatement dans l’oreille quelques voix amies ou familières. Je pense à la mère de Vanessa. La voix de rogomme sent le cheveu fatigué, l’œil cerné et la sagesse de comptoir. J’apprends lors de cette recherche qu’on parle également d’une voix de mélécasse – quelle merveille ! – et je me réjouis (du seul point de vue lexical évidemment) du lent travail érosif de l’alcool.
