Aujourd’hui, je croise “paletot” dans une note de ma copine de blog Papillon-papillonnage :
“Ensuite, il terminait par un fond d’alcool fort dans le verre encore chaud
Du café
Puis partait travailler dans le froid des champs
Engoncé dans son paletot*
Boutonné jusqu’en haut.“
L’astérisque renvoie à une discrète note qui précise : “(Ce que mes
grands-parents appelaient “paletot, c’était une veste en grosse toile de
coton bleue. Comme un bleu de travail, mais très très délavé par le
temps…)” et dans les commentaires qui suivent la note, chacun y va de son paletot grand-paternel (à croire que nos grands-pères partageaient tous la même veste.) (Ou alors nous serions tous frères ?). Je me souviens d’un petit commerce dans la ville de Marans, au nord de La Rochelle, dont l’enseigne annonçait fièrement “Aux mille paletots” (ce qui écarte cette thèse un peu hâtive de la grande fratrie ; nos pépés avaient un rabatteur).
Bref, que dire du paletot ? Tout d’abord, que le dernier que j’ai vu vivant était porté par un ami qui l’accommodait d’un pantalon de velours à grosses côtes, très gentleman farmer, et que cet ami est une des rares personnes avec laquelle je suis maintenant réellement fâché (j’en compte deux, lui et son amie, et cette vipère n’est pas pour rien dans cette fâcherie décennale). Ensuite, que je ne pensais pas initialement faire ma note sur paletot mais sur réminiscence, puisque Papillon-papillonnage me rappelait qu’elle aussi s’était prêté à l’exercice de la collection raisonnée de mots et que je me demandais si le démarrage de cette série n’était pas une réminiscence de ses propres écrits. Mais je me suis ravisé, en me disant que si je commençais à faire des notes à partir des mots que j’emploie délibérément – et non à partir de ceux que je rencontre par hasard – toute cette série allait commencer à sentir le faisan. Faisan qui, soit dit en passant, supporte sans peine la proximité du paletot, de l’échine, de la carcasse et de la sente. Tout ceci me donne envie d’aérer mes Michon et mes Bergounioux.
