Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Croquembouche aujourd’hui

Aujourd’hui, je croise “croquembouche” dans la traduction de Rue89 de la chronique de l’humoriste John Oliver sur la chaîne américaine HBO :
Apportez votre idéologie défaillante et ils apporteront Jean-Paul
Sartre, Edith Piaf, le bon vin, les Gauloises, Camus, le camembert, les
madeleines, les macarons, Marcel Proust et le putain de croquembouche !
Le croquembouche !

Le croquembouche prononcé par John Oliver est un délice d’accent anglais : Cwoquenbuuush ! cwoquenbuuush ! John Oliver ne s’en lasse pas et moi non plus, malgré mon effarement : un autre mot existe pour les pièces montées et c’est dans la bouche d’un Britannique officiant aux États-Unis qu’il faut aller le trouver. Les petits choux avaient leur petit secret. Des crocs-en-jambe, des croquemitaines, des crocs de boucher, je sais
les adresses où en trouver. Mais le croquembouche m’apparaît comme un
plat français de l’étranger. Y a-t-il beaucoup d’autres pays dans le monde où l’on mange sans me le dire des croquembouches ? Suis-je un si rustre gastronome qu’il me faille découvrir
outre-Atlantique les saveurs d’une langue si authentiquement
rabelaisienne ?  
Ce cwoquenbuuush aussi délectablement prononcé me fait par ailleurs penser à l’impayable Ca-béw’-né qui semble être le seul breuvage en usage dans les films américains. Pauvre Cabernet et pitoyable mesquinerie de ma part, je l’admets. Car ce croquembouche est un peu dur à avaler, je le dis. Et s’il le faut, c’est la bouche pleine que je le redirai.