Aujourd’hui, je croise “molasse” à deux reprises et en moins de deux
minutes dans deux notes de blog. Première apparition de molasse dans les
Marges.net de Jean Prod’hom :
“je
traîne les pieds dans les feuilles mortes, par la Clochatte jusqu’à
Tridel, passant outre l’interdiction d’emprunter le chemin après le
Vivarium, taillé dans la molasse, qui s’est effondré sur quelques mètres
; il me faut avouer que je ne sais rien de ce qui fait tenir les choses
ensemble, hormis les phrases.”,
seconde inattendue molasse dans Le blog de Denis Montebello :
“On
se souvient de la chose miraculeusement surgie sous les pas du facteur
Cheval, « une pierre molasse travaillée par les eaux et endurcie par la
force des temps »: elle l’envoya rouler quelques mètres plus loin,
quinze ans plus haut, au pied d’un magnifique château.”
Croiser molasse à deux reprises et en moins de deux minutes dans deux notes de
blog, cela n’arrive pas tous les jours. Il faudrait évidemment que je
consulte des archives et des statistiques mais je ne serais pas surpris
que cette double occurrence soit une première. La découverte de cette
gigantesque veine de molasse dans un champ littéraire qui relie la Suisse
à l’Atlantique (Denis Montebello est un écrivain rochelais) est un événement
extraordinaire et je ne parle évidemment pas de géologie. Cette résurgence conjointe de molasse sur les blogs
discrets de discrets auteurs, ça doit bien être un signe. La littérature cherche à nous dire un truc. En théorie de l’information, on parlerait de signal faible : la molasse est dans l’air, ça sent le buzz
de molasse, on doit s’attendre dans les jours et les semaines à venir à
de la molasse en entrée, plat et dessert. L’actualité : molasse ; le
quotidien : molasse ; l’automne : molasse. La molasse menace. Merci Jean, Merci Denis
d’avoir lancé l’alerte, nous allons nous ressaisir, ne pas nous laisser amollir. Ce soir, un seul mot d’ordre : sus à molasse, Côtes-de-Duras !
