Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Fredonnabilité aujourd’hui

Aujourd’hui, je croise “fredonnabilité” dans un document de travail. Un chanteur dont je tairai le nom pour ne rien dire de son pseudonyme nous livre quelques réflexions sur les origines culturelles et historiques de la chanson française. Parmi les pistes évoquées, sa fredonnabilité. Hm Hm. Le génie de la langue, c’est sans doute son incroyable plasticité, sa capacité à se réinventer, à se prêter à toutes les recompositions pour faire coller des formes nouvelles à de nouveaux usages ou de nouveaux besoins. Mais les génies sont malins, ou pour le moins facétieux, et le génie qui règne sur les suffixes n’a visiblement pas fini de se marrer. De son point de vue, la rigolababilité de la langue est absolue, ce qui en assurera longtemps son employabilité et, partant, sa viabilité. C’est rassurant, c’est une bonne chose et il est probable que tant que la fredonnabilité de la langue restera possible, ladite langue sera sauvée. Fredonnons donc, à pleins poumons, et reformulons les champs de la questionnabilité : notre national bourdon neurasthénique a-t-il à craindre du fredon asiatique ?