Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Tout va bien,

mais le compte-goutte laisse fuiter trop de gouttes. Mais notre bureau rangé nous donne l’illusion d’un nouveau départ. Mais deux services se renvoient la responsabilité d’une démarche, et nous sommes au milieu. Mais nous n’appelons pas, nous comptons plutôt que ce soit notre correspondant qui nous appelle. Mais nous cherchons à éviter la répétition, et ne trouvons pas de synonyme. Mais nous nous rappelons que le manteau que nous cherchons partout est au pressing depuis des mois. Mais la piste de la station-service est une immense flaque de carburant. Mais nous croisons l’ami dont nous parlions la veille, celui dont on disait qu’on ne le voyait plus. Mais nous comprenons que quelqu’un colporte des saloperies sur nous. Mais le petit commerçant est un gros filou. Mais nous peinons à convertir les centilitres de la recette en décilitres de notre verre-doseur. Mais nous doutons de la consistance de notre existence.