Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Tout va bien,

mais nous nous réveillons deux heures trop tôt et hésitons à nous lever. Mais nous entrons dans une salle de bain complètement embuée. Mais la presse locale a mal orthographié notre nom. Mais nous employons un mot qui n’existe pas. Mais nous n’arrivons pas à nous relire. Mais une remarque masque tous les encouragements. Mais nous laissons passer l’échéance pour résilier le contrat tacitement reconduit. Mais le dépanneur informatique nous invite d’emblée à acheter un portable neuf plutôt que de faire réparer l’ancien. Mais on nous propose un avoir plutôt qu’un remboursement. Mais nous n’avons pas perçu les sous-entendus. Mais la finalité de la démarche passe après le respect de la procédure. Mais nous attendons la fin de l’averse sous un petit abri de fortune. Mais la vieille enseigne indépendante a été remplacée par une franchise. Mais tout fait toc. Mais nous ressortons bredouille du magasin.