Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Tout va bien,

mais
notre
vélo frotte, grince, brinquebale, cogne, coince, éclaire et freine
mal. Mais
nous
changeons
de
destination en
cours
de chemin.
Mais

nous installons
notre
pique-nique, c’est constellé de merdes de chien. Mais
l’élan
de notre
baignade
se fige dans la fraîcheur de l’eau. Mais
de
petits
animaux
détalent furtivement
dans
les herbes sèches à notre arrivée. Mais
un
serpent, un blaireau… n’importe quel animal magnifie
le
récit de
notre
promenade.
Mais nous
avons été oublié sur une liste d’invités.
Mais
nous
nous tachons dés
le début de
la réception. Mais
une,
puis deux, puis trois personnes nous demandent coup sur coup si nous
sommes fatigué en
ce moment.
Mais
nos dénégations ne convainquent personne. Mais la
cigarette sur laquelle nous tirons après des années d’arrêt a un
goût écœurant. Mais
aucun
des conseils que l’on nous donne ne sera suivi. Mais
une
discussion
se résume
à « moi, moi, moi » et
ça en devient pathétique.
Mais
une
discussion entraîne dans un tourbillon de noirceur.