1er mai
Découvrir la vue panoramique sur le pertuis depuis le point haut de la ville.
Devant les voisines en pâmoison, sauver
d’une mort certaine
une libellule échouée sur la route.
Retrouver la petite routine dominicale du continent à l’île, et retour.

2 mai
Reconnaître dès les premières notes la nouvelle sonnerie du collège.
Achever la constitution de la bibliothèque portative pour l’atelier de demain.
Remonter le front de mer à vélo, et à très petite vitesse.
3 mai
À défaut d’avoir le temps d’aller courir, faire un exercice d’incendie.
Débuter une sieste dans les bras et les jambes de sa chérie.
Dévorer dans l’après-midi le livre offert le matin même par un ami libraire.
4 mai
Trouver une chouette playlist à écouter au casque pour accompagner sa matinée de boulot.
Regarder en spectateur amusé la comédie humaine balnéaire qui s’installe petit à petit.
Faire une virée familiale à vélo.
5 mai
Grignoter une à une les fraises dans la barquette.
Se mettre à jour dans ses factures.
Reprendre enfin un vieux texte.
6 mai
Décrasser le moteur de la voiture.
Soupeser l’imposant Lieux de Georges Perec et anticiper de futurs plaisirs de lecture.
Abattre un moustique en plein vol.
7 mai
Savourer son croissant de la semaine.
S’asseoir sur un banc, détailler ses achats de livres neufs, sympathiser avec un chien amical.
Prendre son premier bain de mer de l’année.
8 mai
Reposer ses genoux.
Traverser une pépinière de jeunes pousses penchées.
Lire presque toute la journée.

9 mai
Partir pour sa course sous les encouragements du voisinage.
Travailler quelques minutes, et faire sa journée.
Jouer avec la lumière et la géométrie de la verrière de la gare.

10 mai
Faire deux siestes, dont une pas crapuleuse.
Profiter que les participants de l’atelier écrivent pour picorer des amuse-gueule.
Découvrir, fort heureusement, qu’un pistolet de gasoil ne rentre pas dans un réservoir de SP95.
11 mai
Ressentir l’ambiance singulière d’un quai de petite gare en plein après-midi.
Faire, et rapidement, une plutôt bonne pêche à la médiathèque.
Entendre parfaitement le sommeil envoyer ses signaux.
12 mai
Jouer au reporter.
Progresser sur l’écriture d’un long texte.
Dîner au restaurant avec sa plus jeune fille.
13 mai
Entrer sceptique dans un texte de Kae Tempest, et le lire finalement d’un trait.
Peu travailler.
Faire griller des pois chiches.
14 mai
Écrire sur la terrasse.
Partager la première baignade tant attendue de sa chérie.
Entendre un peu de guitare au loin, au crépuscule.
15 mai
Cueillir des cerises dans l’arbre.
Avaler deux cents pages inédites de Perec.
Faire un bain du soir et n’être que trois dans les vagues.

16 mai
Finalement, courir, malgré la chaleur croissante.
Finalement, préférer écrire pour soi plutôt qu’écrire pour le travail.
Décider, toute affaire cessante, popote et devoirs non-faits, d’une baignade familiale.
17 mai
Arriver à maintenir un peu de fraîcheur dans la maison.
Découvrir l’univers de la croquette pour chien en allant chercher son livre au point relais.
Observer qui, du soleil ou du chien, sera couché le premier.

18 mai
Courir,
Faire du vélo,
Nager. Dans cet ordre, à divers moments de la journée, et sans aucun objectif de performance.
19 mai
Palabrer sur les résidences d’artistes.
Faire une bonne pioche à la librairie.
Frauder le train avec l’assentiment du chef de gare, par défaut de composteur.
20 mai
Se réveiller et se lever deux minutes avant la sonnerie du réveil.
Boucler trois boulots distincts dans les temps.
Faire des bras de fer avec sa fille.
21 mai
Jouer au basket dans la rue.
Décider d’un crochet et d’un passage express à la librairie qui se trouve sur sa route.
Écouter le récit enthousiaste de la semaine de plongée de sa cadette.
22 mai
Se baigner, encore.
Lire, faire la sieste et lire encore.
Arrêter la voiture dans les marais pour capter un drôle d’effet de lumière.

23 mai
Éviter la pluie le temps de sa course.
Recevoir un mail dont l’objet est “mise en contact”.
S’asseoir et lire au calme dans un tout petit recoin caché de la médiathèque.
24 mai
Solder rapidement quelques menues instances.
Finir sa visio par le spectacle touchant, et désormais commun, d’une petite fille malade sur les genoux de sa maman.
Écouter sans mot dire des histoires de non-dits.
25 mai
Reconnaître et saluer quelques promeneurs matinaux pendant sa course.
Faire un peu d’humour noir au cimetière.
Se trouver entre le gris et l’or du ciel.

26 mai
Découvrir un raccourci pour éviter le tunnel de la gare.
Faire un volley sur la plage avec ses filles.
Retrouver en famille l’intégralité des états d’Amérique.
27 mai
Finalement, s’accorder le pont.
Plonger avec délices dans une vraie bonne sieste.
Apprendre l’existence pas très loin de chez soi d’un photomaton quatre poses.
28 mai
Se faire offrir des bouquins par son libraire.
Lire Toussaint à l’Ascension.
Avoir une pensée pour son père au moment du titre de champion d’Europe de rugby.
29 mai
Chercher dans le recueil de François de Cornière la phrase mise en exergue sur la couverture et qui nous a fait l’acheter.
Se satisfaire de ne pas la trouver d’emblée pour mieux avoir à y revenir.
La trouver finalement, dans les poèmes inédits des dernières pages du recueil.
30 mai
Garder facilement la parole, malgré l’appréhension qu’on avait de la prendre.
Quitter la réunion et avoir pile le temps nécessaire pour attraper son train.
Être abordé par le contrôleur alors qu’on n’a pas composté son billet, et l’entendre simplement demander si la journée a été bonne.
31 mai
Se gaver de raisins secs.
Entendre le grand frère et la petite sœur se tordre de rire en jouant sur l’ordi.
Réparer un bibelot cassé uniquement pour clore ce mois de trucs bien.
Ces “Quelques trucs bien” s’inspirent directement des “3 trucs bien” de Fabienne Yvert, publié au Tripode.
> Quelques trucs bien en janvier.
> Quelques trucs bien en février.
> Quelques trucs bien en mars.
> Quelques trucs bien en avril.
