11 novembre
Je cours 40 minutes.
C’est fou comme ce 11 novembre ressemble à un 11 novembre : il fait froid, il fait gris, il fait moche.
Je vais me balader sur la plage, suffisamment longtemps pour avoir envie de rentrer pour me préparer un chocolat chaud.
Nous regardons un James Bond et c’est quand même toujours le même bingo. C’est à peine si une petite cloche ne retentit pas pour bien te souligner qu’une case vient d’être cochée.
12 novembre
Je crois que j’ai rêvé que j’étais sourd.
Je dois me résoudre à la fin de la saison du Chasselas sur les étals du marché. Il ne reste plus qu’un revendeur, qui vend la grappe à un prix prohibitif. Une marchande a pitié de moi et me donne à goûter un gros raisin italien violacé, plein de flotte et sans sucre. Je préfère clore le chapitre Chasselas pour cette année.
En revanche, on propose de la grenaille à foison.
J’ouvre le document sur lequel je dois travailler et ça me suffit pour la matinée. J’écris, je fabrique un livret à partir de mes haïkus délibératifs mensuels d’octobre, je lance et étend une lessive.
J’arrive à me mettre au travail en milieu d’après-midi. Je reçois les délibérations pour mon prochain pensum délibératif mensuel. La perspective de nouveaux haïkus atténue ma peine.
Je sors mon vieux plaid d’Islande, plus chaud que les autres, et nous allumons deux chauffages : nous sommes traversés par une goutte froide (cette fois, ce n’est pas une rivière atmosphérique.)
J’envoie un mail à Olivier. J’aime bien échanger avec Olivier.
13 novembre
Je me réveille vers 2h30, j’entends que ça se mouche ici et là.
Je cours 45 minutes.
Je travaille un peu.
Je vais déjeuner avec Junior, un peu assommé. Je passe à la Bibliothèque Universitaire. Mon temps est compté à la minute près car je dois passer la voiture à ma chérie. J’espère ne croiser aucune connaissance mais coup sur coup, Judith, puis Camille, m’arrêtent dans ma course et entreprennent de prendre de mes nouvelles. Je suis assez expéditif avec Camille.
Je rentre vite, repars aussitôt, fait quelques magasins avec ma chérie en quête de brimborions, passe à la librairie, n’achète rien.
Au retour, arrêt dans une solderie, où je mets la main sur une souris sans fil, plate, réputée insonore.
Nouvel et dernier aller-retour en ville pour récupérer Junior.
14 novembre
Je me réveille à 4h40.
Je me mets au travail assez tôt, je sais que j’ai une journée chargée, avec mon pensum délibératif mensuel à rendre dans la journée. Je travaille avec mon plaid sur les genoux, il commence à faire frais dans la maison et nous y allons mollo sur les chauffages. Je ne veux pas faire un feu dans le poêle pour moi seul.
A 11 heures, coup de fil à un amateur de hockey sur gazon dont j’ai à rédiger le portrait. Il faut vraiment que je fasse un jour la liste de toutes les personnes dont j’ai fait le portrait.
Je boucle mon pensum dans l’après-midi, sans avoir toutefois le temps de rédiger les haïkus délibératifs mensuels. J’ai presque résorbé tout le boulot en instance, à un portrait près.
Je prends quelques minutes pour aller mettre le nez sur la plage. C’est surtout pour enfiler mon vieux pull islandais, et mon bonnet. Il fait soleil mais l’air est glacial.
Je suis lent à cuisiner ma tarte aux légumes, je fais tout dans le désordre, la découpe les légumes avant de préparer la pâte, les légumes qui cuisent peu avant ceux qui cuisent longtemps, mais je retombe sur mes pattes, la tarte est bonne.
15 novembre
Je cours 32 minutes.
J’ai parfois de brèves traversées de culpabilité à m’offrir le luxe de courir à l’heure où la plupart des gens sont déjà au travail. Mais aujourd’hui, l’ensemble de mes mails, appels et propositions de travail est arrivé à partir de 11h, alors à quoi bon être devant mon ordi plus tôt ?
Junior est triste et ça infuse dans la maison.
J’accompagne ma chérie à la gare. Il y a deux accidents sur la rocade, qui nous plongent dans un gros bouchon. On fait le pari de sortir avant la sortie qui mène à la gare. Choix judicieux, mais nous arrivons quand même au dernier moment.
16 novembre
Je cours 53 minutes. L’aube est pastel, c’est très beau. Là, je n’ai aucun scrupule à courir, cela compte même parmi les moments essentiels de ma semaine. Je longe au lever du jour une plage, des petites dunes, le quai d’un minuscule port de plaisance, un chemin qui serpente le long d’enrochements de protection, une seconde plage, une cale de mise à l’eau, d’anciennes maisons d’ostréiculteurs reconverties en restos, des mosaïques piscicoles, des bassins ostréicoles, une roselière, des marais salés, des carrelets, des oiseaux, la mer haute ou basse dans la baie.

Je retrouve Denis au café. En l’attendant, j’écoute une femme commenter l’actualité à son mari, en modulant très précisément le volume de sa voix pour que le reste du café l’entende tout en donnant l’impression d’être discrète.
Je fais une sieste digestive et me prépare en fin d’après-midi un bol de chocolat chaud avec des tartines.
Nous regardons Her, de Spike Jonze, avec Benjamin, puis un Dessous des images sur la première porte-parole IA d’un gouvernement, puis un article sur l’IA générative d’un candidat aux élections islandaises, qui répond aux électeurs tel que le ferait le candidat, à partir d’une base de données alimentée par l’ensemble des discours et déclarations dudit candidat.
17 novembre
Je me réveille à 9h29.
