J’ai exposé ces textes et photos à deux reprises. L’ambassadeur de France en Islande a visité la première exposition, l’ambassadeur d’Islande en France a visité la seconde. J’ai édité un catalogue, animé des ateliers d’écriture, et certains textes ont servi pour la réalisation d’un audio-tour sur une application touristique qui n’existe plus. Rósa, professeure de français à l’Université de Reykjavík, a traduit les textes, qui ont été lus par Ásta, également professeure de français et de théâtre.
Je n’étais pas en mesure d’apprécier la qualité des traductions mais j’ai eu toute confiance : « Hávaxin og mjóslegin kona með tagl í hárinu, klædd í sinnepsgult vesti yfir brúna peysu, flýtir sér að draga ljós gluggatjöld fyrir stóran glugga á nútímalegu húsi sínu um leið og ég geng fram hjá. Í gluggakistunni má greina tvo rjómagula blómavasa úr leir. Efri hluti skuggamyndar minnar sést á lágum hvítum múrhúðum vegg. Á hliðinu er lítið emalérað skilti með mynd af sól og áletruninni ‘Velkomin’. »

« Undir algráum himni í svartri fjörunni beint á móti Gróttu, þar sem viti sést í bakgrunni, hefur ung dökkhærð kona vaðið sjóinn upp á miðja kálfa. Hún er með stutt beinklippt hár, klædd í hvítar nærbuxur og röndótta peysu. Hún leggur handleggina þétt upp að bringunni, snýr sér við og brosir breiðu fallegu brosi til félaga síns en við sjáum baksvip hans að hluta til. Hann er hlýlega klæddur og hefur orðið eftir hinum megin við breitt fjöruborðið. » [on ne voit évidemment ni sourire ni culotte.]

En complément de cette première proposition, j’ai auto-édité un tout petit fascicule, R YKJ V K, Soundtrack, la déclinaison sonore de ce procédé descriptif. Ça a donné, par exemple, des choses comme : « Signal sonore du passage piéton. Le boîtier sur le poteau des feux tricolores égrène un TAK TAK TAK métronomique. Dès que l’on peut s’engager, le métronome s’emballe, sur un débit de mitraillette – TAKTAKTAKTAKTAK – invitant non seulement à traverser, mais également à ne pas traîner à le faire. »
Ou encore ce genre de petites notules : « Roulement de pneus neige sur l’asphalte. On a l’impression que les voitures roulent sur des coquilles d’œuf et qu’elles contribuent à les concasser davantage. » Ou : « Tintement métallique familier des cordages battus par les vents sur les mats des voiliers et les hampes d’aluminium. » Ou bien encore (et je m’arrêterai là) : « Échanges banals sur le temps qui se dégrade ou la nuit qui s’épaissit entre les Reykjavíkingar, au détour des rayons du Krónan. »
(à suivre)
