Bonheur portatif

par Philippe Guerry


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  • Aujourd’hui, j’ai revu le petit violoniste qui joue l’été au pied de la tour et que je pensais disparu depuis belle lurette. Les fausses notes de son crin-crin désaccordé donnent à la tombée du jour des airs d’apocalypse caniculaire. Continue reading

  • Aujourd’hui, comme il y a trois semaines, je perds un temps infini à ouvrir tous les placards pour trouver un bol, un verre, un saladier. Le souci est qu’à la différence d’il y a trois semaines, je suis désormais chez moi. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai glissé l’ultime carte postale des vacances directement dans le sac de collecte du facteur, qui effectuait une relève tardive. Court-circuiter l’étape de la boîte aux lettres m’a donné l’illusion d’un gain de temps considérable. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai parcouru la ville, à pied et en trottinette, dans l’espoir de mettre la main sur cette histoire de chauffeur de bus poète. Je ne l’ai pas trouvée mais j’ai trouvé dans cette quête urbaine une compensation acceptable. Continue reading

  • Aujourd’hui, dans la quiétude d’une soirée en famille, nous regardons tranquillement Alien sur le home-cinema de nos hôtes, quand le chat de la maison entre dans la pièce portant dans la gueule une souris vivante. Nature : 1 – Culture : 0. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu, au milieu des poubelles, la dépouille jaunie d’un sapin. Probablement le plus vieux sapin de Noël de l’année. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai racheté en solderie un livre que j’avais acheté neuf hier. Pour un tiers de son prix, cet exemplaire d’occasion était dédicacé par l’auteur, à un dédicataire bien indélicat. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu un hand-spinner proposé à la vente à deux euros. Nous assistons à l’éclatement de la bulle économique la plus fugace de l’histoire récente des cours de récré. Continue reading

  • Aujourd’hui, en voyant un barbier se raser lui-même dans son salon désert, je me suis dit qu’il existait plus mystérieux encore que le paradoxe du barbier qui ne rase que les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes. C’est : qui, du barbier ou de l’ébarbé, fait la causette à l’autre ? Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai craint d’avoir à passer la nuit dans un minuscule réduit, coincé entre une pluie battante et une porte close. Je ne sais pas si l’aventure, c’est l’aventure mais j’atteste qu’une serrure, c’est une serrure. Continue reading