Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Non classé

  • Aujourd’hui, j’ai cru entendre arriver une nuée vrombissante de bourdons en trottinette. Il ne s’agissait que du passage commun d’un convoi de touristes en Segway. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai observé un fumeur en terrasse qui mettait un soin et une langueur extrêmes dans l’expiration de ses volutes, comme s’il participait à une épreuve de fumerie artistique. Même la pose de ses doigts et son menton en galoche semblaient contribuer à la note finale. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai croisé un jeune père poussant une poussette avec un bras à l’envers, c’est-à-dire avec le creux du coude vers l’extérieur alors que sa main tenait normalement la poignée. Je n’ai pas réussi à distinguer s’il le faisait exprès ou s’il s’agissait d’une difformité. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu un cyclomotoriste coiffé d’un casque entièrement métallisé au guidon d’un scooter déglingué en plastique noir. Un genre de Mad Max habillé par Daft Punk, ou l’inverse. Continue reading

  • Aujourd’hui, je me suis amusé d’une toute jeune femme qui cherchait ostensiblement à montrer, par quelques gestes et attitudes savamment travaillés, qu’elle était pleinement de la laborieuse agitation de la ville : affairée, empressée, préoccupée. J’ai entendu le petit rire du temps. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu marcher sous ma fenêtre un homme qui parlait dans son portable avec le rabat de son étui qui lui couvrait la moitié du visage, un peu comme s’il reniflait les pages d’un livre. Dans l’observation de cette expérience sensorielle, il ne me manquait que le goût. Continue reading

  • Aujourd’hui, mon fils et moi avons remonté les rues de la ville avec un clafoutis dans une main, un arc et des flèches dans une autre. J’avais tout pour jouer les Guillaume Tell (j’aurais pris une cerise en lieu de pomme) mais personne ne nous a fait l’affront de réclamer une part. Continue reading

  • En mai, j’aurais mal embrassé ?

    Le 1er, j’embrasse Julie, j’embrasse Carine, j’embrasse Raphaël, j’embrasse Françoise. Le 2, j’embrasse Carine, j’embrasse Françoise, j’embrasse Julie, je salue Martine, je salue André à sa fenêtre, j’embrasse Raphaël, j’embrasse Julien, j’embrasse Yann, j’embrasse Pierre, je salue Nathalie, j’embrasse Judith, j’embrasse Leslie, j’embrasse Jacky. Le 3, j’embrasse Françoise, j’embrasse Carine, j’embrasse Julie, je salue Stéphane, Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu un jeune dandy à vélo, droit comme un i, traverser la ville en costume et nœud-papillon, frais comme un gardon, sous un soleil de plomb. Quelques minutes auparavant, j’avais suivi son exact opposé, un vieux teen-ager crado, rond comme un o, roulant sa transpirante carcasse sous un bonnet de laine épaisse. Continue reading

  • Aujourd’hui, j’ai vu se faufiler dans les rues étroites du centre-ville un vieux van couinant qui tractait une antique caravane. Je n’ai pas été surpris que ce convoi soit celui de jeunes baba-cools allemands. Continue reading