Bonheur portatif
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Aujourd’hui, j’ai compris la fonction de la première rangée d’une salle de cinéma. Elle sert à prolonger de quelques secondes la gêne provoquée par les retardataires, en offrant l’immanquable spectacle de leur silhouette ratatinée dans l’intention de ne pas gêner. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai été le spectateur unique d’un ovni cinématographique, un run-movie immersif d’un seul plan, filmé en direct, caméra à l’épaule et commenté par plusieurs niveaux de voix off. J’ai terminé mon footing épuisé et apaisé. Continue reading
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Aujourd’hui, c’était la compétition dans les salles entre les “j’ai entendu dire sur France inter” et les “ils en ont parlé sur France culture”. Je ne fais que répéter. Continue reading
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Aujourd’hui, je me suis rappelé qu’il était de bon ton d’applaudir à la fin de chaque séance du festival, même en l’absence du réalisateur. Je me suis demandé si les festivaliers applaudissaient également chez eux quand ils terminaient un roman. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai hésité à m’éloigner, avant la projection, des deux bavardes derrière moi qui lisaient le propos du documentaire à venir, en condamnant d’emblée : “je crains le pire”. Elles se sont finalement montrées très discrètes, à la différence de leur voisin, qui a ronflé. Continue reading
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Aujourd’hui, c’est le début du festival. Je m’amuse des petits coups d’œil en coin, pour déchiffrer sur les badges si vous figurez dans le gratin des accrédités, dans le tout-venant des porteurs de pass payants, ou si vous n’êtes que de la masse des spectateurs à billets. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai longuement discuté avec un champion de tir à l’arc et à la carabine, as de la course à pied, nageur émérite, cycliste chevronné et donc triathlète hors-norme. Modestement ivre, au moins de ses paroles, il a omis sa qualité de roi des fanfarons. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai eu, brièvement, l’impression d’être doté d’un super pouvoir d’observation de faits minuscules se déroulant au même moment : là, le clochard comptant malhabilement ses pièces ; ici, la femme perdant sa chaussure ; ici, l’ouvrier trébuchant sur son petit tas de gravats ; là, le touriste photographiant une fissure. J’attends désormais de connaître Continue reading
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Aujourd’hui, maman n’est pas morte, mais sa sœur a fait un infarctus. Je m’interroge : si la tante de Camus, à l’instar de la mienne, avait eu le cœur fragile, la face de l’Étranger en eût-elle été changée ? Continue reading
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Aujourd’hui, ciel bas gris argent, mer agitée vert blanc, moutons, gerbes d’écume. Aller face au vent, retour en volant. Continue reading
