Bonheur portatif
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Aujourd’hui, j’aperçois l’éclat minuscule d’une goutte de rosée suspendue à un vieux tamaris. L’œil du poète doit aller plus vite que les jambes du coureur. Continue reading
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Aujourd’hui, je remarque ce bouquet de fleurs séchées ficelé à un poteau sur la plage. Des bords de route aux bords de mer, la mort poursuit son entreprise de géolocalisation. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai attrapé mon premier coup de soleil, avec trois bons mois de retard. Ai-je bénéficié cette année d’un reliquat de capital soleil, alors que je pensais celui-ci épuisé, ou est-ce juste le signe d’un été pourri ? Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai nettoyé mon bout de trottoir, réparé un frein, fixé des sacoches, regonflé des pneus, remis des roues dans leur axe, remis des chaînes sur leurs dents, vissé une serrure récalcitrante et débogué mon écran tactile à l’aide d’un sèche-cheveux. La quincaillerie domestique a eu affaire aujourd’hui à plus fort qu’elle. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai l’impression de vivre dans un monde instable. Mes filles, que j’ai semées ces jours dans des forêts, semblent ne m’avoir laissé aucun caillou pour m’y retrouver. Continue reading
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Aujourd’hui, Benjamine me fait poser tenant en main un jouet en forme de siège, pour un rébus photographique évoquant notre récent lieu de vacances. Le père, la chaise, fastoche. Continue reading
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Aujourd’hui, j’observe une femme dans la rue tenter de dialoguer avec une boîte vocale à partir de son kit mains libres : “Service !… Contrat !… Attente !… Service !…” Au théâtre de l’absurde, je suis client-privilège. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai donné mon sang. À des moustiques. Continue reading
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Aujourd’hui, j’ai revu le petit violoniste qui joue l’été au pied de la tour et que je pensais disparu depuis belle lurette. Les fausses notes de son crin-crin désaccordé donnent à la tombée du jour des airs d’apocalypse caniculaire. Continue reading
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Aujourd’hui, comme il y a trois semaines, je perds un temps infini à ouvrir tous les placards pour trouver un bol, un verre, un saladier. Le souci est qu’à la différence d’il y a trois semaines, je suis désormais chez moi. Continue reading
