1er avril
Sans rien nous en dire l’un l’autre, Benjamine a empoché La Fossette pour l’écouter dans la voiture, et moi Si je connais Harry, pour le lui faire découvrir. (Je me suis mal garé, le temps de passer à la librairie.) J’ai découvert que Vazquez quand il nomme Laura Vazquez s’écrit Vazquez et pas Vasquez. Je n’ai pas pris de prune. On a écouté La Fossette à l’aller, Harry au retour. J’ai roulé plus lentement pour que l’écoute soit plus longue. J’ai fini Bambine d’Alice Ceresa. J’y suis tombé sur ce mot, “phocomèle”. À la petite médiathèque, en attendant de faire enregistrer mes livres, j’ai assisté à l’étrange pantomime de trois membres d’une même famille, assis dans les chauffeuses de l’accueil, qui tournaient la tête en tous sens, le regard masqué par des lunettes 3D, explorant tous les horizons de quelque univers virtuel. J’ai fait les exercices d’écriture proposés par Laura Vazquez. J’ai cuisiné un chili sin carne pour quatre personnes et pou deux jours.

2 avril
J’ai fini Se tenir quelque part sur la terre, de Joëlle Zask, dans la maisonnée encore endormie. J’ai lu GPS de Lucie Rico en début d’après-midi. J’ai aidé Cadette à contenter l’algorithme d’orientation. J’ai lu le très bref Moi et François Mitterrand, d’Hervé Le Tellier. (On a eu une coupure de réseau.) J’ai récupéré ses bouquins de bibliothèque auprès de Cadette. (Nous nous sommes inquiétés pour une courge tranchée.)
3 avril
J’ai corrigé quelques coquilles dans les notes de mars. Je n’ai pas acheté de saloperie à la supérette, malgré l’envie que j’avais de le faire. J’ai préempté quelques articles faciles dans le chemin de fer du prochain journal. J’ai envoyé quelques factures. (J’ai passé l’après-midi sur mon pensum délibératif mensuel.) (Il y avait un bourdonnement sourd, peut-être de nature électrique, très distinctement audible dans les étages, mais sans localisation précise.)
4 avril
Je suis allé me chercher deux croissants. J’ai déjeuné d’une part de tourte au Roquefort. J’ai retrouvé la fine équipe des pigistes. (Les arrivées successives ont systématiquement laissé inachevés chaque début de conversation.) Je suis passé à la librairie et je n’ai acheté qu’un livre. J’ai trouvé la seule place de stationnement disponible. Viki m’a offert un cookie. J’ai papoté au soleil avec Oscar le pôle-nordiste. (On a profité de la terrasse près d’une heure sans qu’aucun serveur daigne venir prendre la commande.) Je lui ai prêté un petit lot de bouquins pour son récit de voyage à venir. On a ri avec Benjamine en inventant la danse de l’été.
5 avril
(J’ai trouvé une languette de plastique dans ma bouchée de pain.) J’ai rédigé un long mail auto-promotionnel pour décrocher de nouveaux ateliers. La réunion pour le nouveau boulot a débuté en parlant livres et revues littéraires. J’ai reçu un mail m’informant de l’arrivée de mon bouquin. (Le service facturier qui me paye depuis deux ans m’a appelé pour me dire qu’il n’avait pas mon RIB.) Mon copain libraire m’a donné un livre (en plus de celui que je lui avais commandé.) J’ai testé une nouvelle recette de quiche aux épinards et champignons. (Je me suis planté sur le fond de tarte, feuilletée plutôt que brisée.) On a écouté Morissey et Radiohead avec Benjamine. J’ai poursuivi la lecture de Robert Antelme (Tard.)
6 avril
(Je suis arrivé très en avance à l’atelier du matin.) En attendant de pouvoir entrer, j’ai vu passer deux palmiers sur la plate-forme d’une camionnette, trois files successives d’écoliers apprenant le vélo, une pelleteuse, des voitures, des scooters, des passants, et j’ai entendu la fin du Sud de Nino Ferrer à la radio. Je suis arrivé à la bonne heure pour ne pas faire la queue au resto. (Entendu à la table à côté : “Ça fait très 2016.”) (Je suis arrivé très en avance à l’atelier de l’après-midi.) (Mes accès au réseau de l’université ont été désactivés.) Je suis reparti avec deux baguettes et une miche de pain gratuites. J’ai fini L’espèce humaine de Robert Antelme.
7 avril
(Je me suis froissé un truc entre deux vertèbres avant même de me lever.) J’ai lu Au téléphone, d’Alain Freudiger, à haute voix dans le salon. Je n’ai rien fait d’autre de la matinée. (Les maçons débarqués inopinément m’ont finalement mis à la bourre.) (J’ai fait la route en doutant d’avoir bien éteint les plaques de cuisson, dans la précipitation du départ.) Aucun radar malgré les appels de phares. (L’atelier a été long.) (J’ai fait la route en doutant d’avoir bien pris le chargeur et la souris, dans l’impatience de rentrer.) Un éclair au chocolat m’attendait sur la table de la terrasse. J’ai lu Mes fragiles, de Jérôme Garcin. (À l’instar de nombreuses précédentes, la nouvelle abonnée du jour à Bonheur Portatif est une passionnée de branlette espagnole.) (Le mal au dos a tenu toute la journée.)

8 avril
J’ai rédigé et envoyé de nouveaux textes issus des ateliers de Laura Vazquez. (Ça m’a brûlé quand j’ai pissé.) J’ai vu une dame avec un antique sac “Dames de France”. J’ai regardé les guirlandes de cerfs-volants sur la plage. J’ai fait une courte sieste au soleil. J’ai sorti la chaise longue, et le
chapeau de paille. J’ai lu la majeure partie de l’après-midi. J’ai fait des frites. J’ai lu Le livre du large et du long de Laura Vazquez.
9 avril
Je me suis réveillé après 9h, une rareté. Je me suis rasé, une autre. J’ai sollicité le Notulographe pour une recherche qui n’aboutissait pas. (Benjamine nous a appelés pour que l’on vienne finalement la chercher : il m’a fallu déplacer la voiture, dans une ville congestionnée par son animation de printemps.) (Une riveraine est promptement venue m’exprimer son mécontentement du fait que je me sois garé devant chez elle.) J’ai fait une demande d’inscription à la liste Perec. Chaise longue, chapeau, sandales, un livre. J’ai reçu un mail m’informant de la présélection d’un de mes textes dans une revue. On est allés marcher sur le sable et sous les cerfs-volants. Je suis tombé sur ces verbes, “avuer” puis “fuster”, dans Les Furtifs. Le réseau du Notulographe m’a envoyé deux liens distincts vers le documentaire sur Perec que je cherchais. J’ai été surpris d’y découvrir, contrairement au souvenir que j’en avais, que ce n’était pas Alain Cuny le récitant du chapitre LXXIV de La Vie mode d’emploi, mais l’incroyable Daniel Emilfork.

10 avril
(J’ai été réveillé au milieu de la nuit.) Je me suis levé encore plus tard qu’hier. Je suis allé faire le plein de viennoiseries pour toute la maisonnée. (J’ai lâché l’ennuyeuse lecture des Furtifs.) Il a flotté tout l’après-midi. Je suis allé faire le plein de pizzas pour toute la maisonnée. J’ai relu W ou le souvenir d’enfance.
11 avril
J’ai envoyé des mails à des gens en congés. J’ai reçu le nouveau Matricule des Anges. Je suis retombé sur l’étrange spectacle de “lecteurs-testant-des-lunettes-3D” à la médiathèque. J’ai lu Le Condottière, de Perec. Je n’ai pas mangé tout le sachet d’oursons à la guimauve. J’ai aidé Cadette à faire son CV et une lettre de motivation.
12 avril
(J’ai râlé contre le dernier revirement professionnel de ma chérie.) J’ai vu s’afficher avec un certain sourire les notes de spé de Cadette. J’ai retrouvé un fond de sachet d’oursons rescapés de la veille. On a papoté une bonne demi-heure avec Émilie avant de se mettre à travailler. J’ai appris durant la réunion la fermeture définitive de la librairie où je n’allais plus. Je n’ai pas pris le livre que je pensais prendre. J’en ai pris deux autres à la place. J’ai répondu à une question par mail et je n’ai pas reçu de réponse à la question que j’ai posée en retour. J’ai testé la recette de ragoût tomates-petits pois vue sur tumblr. Je suis tombé sur ce mot, “sibilant”, dans Caisse 19.
13 avril
(J’ai ouvert les volets – tard – au moment précis où les vacanciers d’en face sortaient de leur location.) Je leur ai indiqué où ils pouvaient trouver un collecteur de verre. Je suis tombé sur ce mot, “melliflu”, dans Caisse 19. Les deux oursons à la guimauve montés comme passagers ne sont jamais arrivés à destination. (L’atelier a été un peu long.) J’ai retrouvé sur le net la trace d’une ancienne connaissance et j’ai été surpris de sa reconversion. J’ai répondu à un SMS et je n’ai pas reçu de réponse en retour. Dans Caisse 19, je suis tombé sur “créosoter”. Et sur la même page, “drupéoles”. Et plus loin, “changelin”.
14 avril
J’ai trouvé comment éviter la pub sur tumblr : j’ai supprimé l’appli de mon smartphone. J’ai installé l’appli cnrtl à la place. La non-réponse à mon SMS d’hier était en fait l’amorce de plus longs échanges. (J’ai reçu mon amende.) J’ai reçu une nouvelle revue de création littéraire. J’ai joué au poker menteur avec le maçon. (J’ai payé l’amende.) J’ai fini Caisse 19, de Claire-Louise Bennett. J’ai sorti, puis entré, puis sorti, puis entré le tancarville chargé de linge, au gré des intempéries. J’ai lu Modernité du livre, d’Olivier Bessard-Banquy.
15 avril
J’ai entendu les oiseaux s’égosiller au petit matin. (J’ai cédé à la moitié de ma course, au retour face au vent.) (J’ai été agacé, sans raison évidente.) J’ai imprimé des bouts de ce journal sur cartes postales. (J’ai guetté toute la matinée le mail de l’atelier d’écriture de Laura Vazquez.) Je me suis fait une belle assiette de salade composée, avec des asperges. J’ai essayé de reparler un peu portugais. J’ai réussi à en comprendre un peu. J’ai enfin commandé un livre noté depuis des mois sur ma liste. J’ai fait mine de ne pas avoir vu un gars trébucher sur un pavé disjoint. (Une chargée de comm bêcheuse de ma connaissance m’a ostensiblement ignoré.) J’ai pissé de l’asperge toute la soirée.

16 avril
J’ai repris de vieux textes, pour tenter de leur donner une forme. J’ai fait une sieste au soleil. Je suis allé m’asseoir sur la plage. J’ai fini Reconnaissances, de Catherine Safonoff.
17 avril
J’ai fait une plongée dans ma bibliothèque pour en extraire des textes parlant de nourriture et de gastronomie, en vue d’un atelier. Nous avons mangé dehors, sans doute une des premières fois de l’année. J’ai trié, vidé,
jeté le bazar dans le patio. (La voiture a fait des siennes au démarrage.) (J’ai aussi entendu un drôle de petit bruit quand le moteur tournait.) (Je me suis gavé de pain beurré deux heures avant de passer à table.)
18 avril
J’ai reçu la consigne de l’atelier de Laura Vazquez. (J’ai laissé fondre sous la langue le nouvel antihistaminique qu’il fallait avaler.) (J’ai essayé de comprendre un article d’analyse littéraire.) J’ai mis du temps à décider sije me lançais dans la fabrication d’un petit meuble de bibliothèque, dans la préparation de l’atelier de lundi, dans mes petits travaux d’écriture, dans un peu de lecture, ou si j’allais faire un peu de sport. J’ai opté pour le sport. J’y suis allé à vélo. (J’ai pissé sous la douche.) Ma chérie m’a rapporté une part de flan au praliné. (Il n’avait pas grand intérêt.) J’ai cuisiné un Petit tofu aux lentilles.
19 avril
Je suis allé en ville à vélo. J’ai fait une bonne pêche à la médiathèque. Je suis passé voir notre expo et j’ai constaté que, finalement, aucun secret n’avait été censuré. (La libraire n’a pas voulu que je fasse une carte pour les deux euros manquants à mon avoir.) (Je n’avais qu’un euro en poche.) J’ai acheté deux croissants, payés par carte. Je n’ai pas pris de café au kiosque sur le port. (Le café ne prenait pas la carte pour moins de cinq euros.) (Une femme m’a demandé si j’avais une pièce pour acheter à manger et j’ai dit non alors que j’avais toujours mon euro en poche.) Entendu sur le port une jeune fille au téléphone : “Franchement, je sens le potentiel en toi, i’m dit…” J’ai aperçu Amélie, que j’ai d’abord prise pour Anne-Gaëlle. J’ai suivi les panneaux sur la piste cyclable plutôt que mon instinct et je me suis rallongé au retour. (J’ai pris tardivement connaissance du SMS de ma sœur me disant que notre mère n’allait pas bien.) J’ai bouquiné au soleil. Je suis passé prendre des nouvelles et un café chez ma mère. J’ai récupéré Cadette à la gare. La famille a été au complet pour la première fois depuis longtemps. J’ai bu de l’alcool pour la première fois depuis trois mois. J’ai lu King Kasaï, de Christophe Boltanski.
20 avril
J’ai écrasé le premier moustique de l’année. (Je me suis claqué le mollet en courant.) J’ai reçu les publications annuelles du Cabinet du Livre d’Artiste. J’ai eu le temps de faire un saut à la B.U. (J’ai mangé un Snicker en revenant des courses.) J’ai préparé des spaghettis pour un régiment. On a regardé les Blues Brothers en famille.
21 avril
(J’ai passé un coup de fil à ma mère malade et ça m’a contrarié pour la matinée.) J’ai cessé de boiter et mon mollet m’a fait moins mal. J’ai préparé mon atelier de lundi. (J’ai passé des coups de fil à des librairies pour m’enquérir, en vain, de leur disponibilité d’un vieux roman.) On a vite trouvé un cadeau dans la boutique de cadeaux. On a renouvelé les cartes de médiathèque de toute la famille. J’ai remis Foenkinos à sa place (sur son rayonnage). Nous avons mangé au resto en famille. J’ai fini Client mystère, de Mathieu Lauverjat.
22 avril
J’ai entendu la pluie s’abattre et le tonnerre gronder dans la nuit. J’ai découvert un générateur de bullshit (un concurrent direct). Le solanum sur la terrasse a atteint la hauteur du mur. (Un moineau m’a chié dessus pendant que je prenais mon café.) On a fait des wraps en famille et on les a mangés sur la terrasse. (J’ai tenté de consoler ma mère.) J’ai pris une part de fondant à l’orange. Nous sommes arrivés à l’heure à la piscine. J’ai aidé Benjamine pour la maquette de son journal.

23 avril
Au terme d’un suspens haletant dû aux clients présents devant nous à la pâtisserie, nous avons finalement pu acheter le dernier plateau d’assortiment de réductions. J’ai senti à sa voix que ma mère allait un peu mieux. J’ai croisé un beagle qui remontait à contre-sens le terre-plein central de la quatre-voies. J’ai fait connaissance de très vieilles méconnaissances de lycée. (J’ai bu de la bière, de la caïpirinha, du blanc pétillant, du champagne.) Et mangé une feijoada cuisinée par un Brésilien. J’ai timidement chanté au petit concert privé du même Brésilien. J’ai à peu près compris ce qui s’est raconté en portugais. La route pour l’île nous a gratifié d’un large éventail de phénomènes atmosphériques : arcs-en ciel, trombes d’eau, nuages et couleurs d’orage, coucher de soleil flamboyant.
24 avril
(La nuit a été trop courte.) (J’ai marché en chaussettes sur une petite flaque formée sous la combinaison de nage qui avait goutté.) (J’ai acheté un mauvais croissant industriel, pour ne pas démarrer l’atelier sur la gastronomie le ventre vide.) L’atelier a bien fonctionné. Un meilleur croissant m’attendait à la maison. On a fait une sieste crapuleuse. (L’atelier de demain est à nouveau annulé, ou reporté je ne sais plus.) J’ai trouvé le bouquin qui m’a manqué ce matin. J’ai découvert l’existence de Composition n°1 de Marc Saporta. J’ai poursuivi mon exploration des rayonnages de lettres de la B.U. (Je me suis rendu compte que Composition n°1 était introuvable.) J’ai testé mes derniers mots avant de mourir sur Benjamine, qui les a mis en scène. (Un précédent lecteur a annoté au crayon de papier le livre de bibliothèque dont je débute la lecture.) Je suis tombé de sommeil.
25 avril
(Les appels se sont enchaînés toute la matinée.) (Le rendez-vous de demain m’a appelé en début d’après-midi, alors que j’étais au volant.) J’ai fait une séance photo avec des ours. J’ai achevé un premier travail d’édition sur les textes des étudiants. Ma mère m’a semblé aller mieux. (J’ai à peine eu le temps de rassembler mes notes pour les articles que je devais rendre aujourd’hui.)
26 avril
(Je me suis rendormi.) L’alarme de mon portable m’a heureusement rappelé le rendez-vous téléphonique que j’avais complètement oublié. J’ai reçu un nouveau mail signé Georges Perec, m’informant qu’il m’acceptait sur sa liste. J’ai découvert un incroyable blog mêlant dépêches d’agence de presse et décasyllabes quotidiens. J’ai bouclé mes travaux d’édition. J’ai pu rattraper un peu de mon retard sur d’autres articles. J’ai pris au téléphone des demandes de modifications sur un article en touillant des oignons dans une cocotte. J’ai fait évoluer le boulot d’été de Cadette. J’ai fait le vide dans ma boîte mails, et je les ai ramenés à moins de 60. J’ai retravaillé un vieux texte pour le proposer à une revue. (J’ai été pris d’éternuements dus aux allergies au moment de me coucher.) (Je ne suis pas sorti de la journée.)
27 avril
J’ai eu le temps d’envoyer quelques articles avant de filer à la consultation. (J’ai dû reporter un masque.) Un des médecins du service d’oncologie s’appelait Bonnemort. J’ai essayé de profiter du calme de la salle d’attente comme d’un moment de répit dans un emploi du temps bousculé. (L’appli de stationnement a réclamé une mise à jour alors que j’étais à la bourre.) (La connexion était évidemment mauvaise.) (J’ai aperçu Louis mais je ne suis pas allé discuter avec lui.) Murielle m’a gentiment filé un coup de main pour décrocher l’expo de secrets. (J’ai papoté avec une bibliothécaire qui ne m’a parlé que de thérapies et de soins psy.) (Le décrochage de l’expo Beaufort a été nettement moins heureux.) (J’ai gratté du double-face pendant trois quarts d’heure.) On m’a proposé d’écrire la suite de mes aventures de séminariste d’entreprise. Benjamine a fièrement gagné ses galons d’écrivaine. (J’ai travaillé après le dîner.)
28 avril
J’ai croisé un ancien étudiant devenu prof. (La voiture n’a pas démarré après l’atelier.) J’ai apprécié le cadencement efficace des bus de la ville. Je suis arrivé à l’heure à la réunion (à 5mn près). Ma chérie est venue à mes devants. (J’ai eu le droit à 20mn de musique d’attente, avant d’être coupé.) On a improvisé un pique-nique dans un espace vert du quartier. (J’ai mangé un flan écœurant.) Tatoué sur le bras du dépanneur : “Born to drive”. La voiture nous a offert un très bref sursis. (J’ai perdu trois heures.) (Je n’ai pas pu me rendre au vernissage d’André, l’ami brésilien.)

29 avril
(Ma première tentative pour emprunter un vélo en libre-service a échoué.) J’ai croisé Jamal. (J’étais pressé.) (On m’a refilé un marque-page m’invitant à tester ma vue.) Ma deuxième tentative pour emprunter un vélo en libre-service a réussi. J’ai très méthodiquement survolu – survolé et lu – Liste et effet liste en littérature (je n’ai pas tout compris.) (Des bagnoles de collec’ en exhibition ont fait rugir leur moteur une bonne partie de l’après-midi.) (L’avertisseur de recul du gros S.U.V. d’un Jérôme cornaqué par sa femme a assuré l’ambiance sonore de la rue pendant une bonne dizaine de minutes.) Je suis tombé sur ce mot, “capricant”, dans La Seiche, de Maryline Desbiolles. J’ai fini le livre dans la soirée.
30 avril
J’ai ouvert fenêtres et baies dés le matin. (J’ai pris un antihistaminique dés le matin.) J’ai mis les pieds dans l’eau. (La table et le banc du café de la plage étaient sales, je me suis mis du chocolat fondu plein les avant-bras et le jean.) J’ai ramassé de drôles de perles d’eau, sans savoir ce que c’était. Je me suis endormi au soleil dans un fauteuil à bascule. J’ai lu presque tout l’après-midi.

