9 septembre
Je me réveille au milieu de la nuit et ne parviens pas à me rendormir. J’ai l’impression d’entendre comme une vibration d’origine électrique, dont je ne détermine pas l’origine et qui m’empêche évidemment de retrouver le sommeil. Je descends et je pose mon pied nu sur le petit corps froid et visqueux d’une limace.
Je cours 33 minutes.
Je rate un appel dans la matinée. Un de mes commanditaires laisse un message. Il m’informe de l’évolution d’un projet éditorial sur lequel j’étais rédacteur et pour lequel il ne va plus avoir besoin de mes services. Ce n’était pas le boulot le plus rémunérateur, ni le plus passionnant, ni le plus enquiquinant, mais c’était un boulot. Surtout, c’est un boulot de plus qui s’arrête, et qui s’ajoute aux ateliers qui ont pris fin et aux rapports de fin d’année qui ne sont pas renouvelés. Ca fait beaucoup pour une seule année, avec des conséquences financières qui commencent à chiffrer. Écrire est une affaire précaire et je ne tire absolument aucun revenu de mes travaux d’écriture « hors-commande ». Ca commence à faire beaucoup, j’accuse un peu le coup.
Un mail pour m’informer que l’armoise a cessé d’émettre ses pollens, ainsi que le fromental. Les émissions sont également terminées pour la flouve, le dactyle, la houlque, la ray-gras, la fétuque et le sporobole.
Je prépare pour le déjeuner une salade d’endives agrémentée de cerneaux de noix et de raisins blonds. Je ne sais pas si ce sont les endives, qui étaient encore un peu vertes et amères, ou les cerneaux de noix, mais je suis barbouillé une bonne partie de l’après-midi.
J’imprime un jeu d’un texte que je décide d’envoyer à un éditeur. Sans conviction.
Je poursuis ma découverte du 18e arrondissement en compagnie de Thomas Clerc. Clignancourt et Montmartre. Thomas Clerc est disert, et fort intéressant, mais il faut savoir l’arrêter, je me fixe des objectifs raisonnables dans ma lecture.
10 septembre
Un mail ce matin, avec pour objet « Courage ». C’est Laura Vazquez, dans son mail hebdomadaire d’encouragement à l’écriture. Merci Laura.
Je pars pour un peu d’exercice, sous la forme d’une promenade à vélo. Je passe par les marais 1- où j’observe les très vilaines maisons contemporaines du dernier lotissement en date, très m’as-tu-vu, 2- où j’échange par SMS avec Emmanuel qui me demande si j’ai déjà acheté le dernier Thomas Clerc, qu’il pense aller écouter ce soir en librairie. À mon retour, je lui envoie un selfie avec mon exemplaire en cours de lecture et un message à l’attention de Thomas Clerc, dans l’espoir d’obtenir par procuration une dédicace originale.

11 septembre
Il ne fait pas beau, mais je cours 33 minutes.
Je ne suis pas du tout convaincu par ma tentative de velouté aux girolles, ma chérie et Junior pas davantage. Il faut bien essayer des choses nouvelles.
Je finis Paris, Musée du XXIe siècle, le dix-huitième arrondissement, de Thomas Clerc, et c’est une des lectures les plus enthousiasmantes de cette année.
12 septembre
Je fais quelques emplettes dès l’ouverture de la supérette. Les employés installent les rayons, je remplis mon sac, je passe à la caisse automatique, je sors, il n’y a eu aucun contact humain. Ce système ne repose que sur notre docilité.
La réunion de rédaction débute toujours par un capharnaüm un peu pénible. Les petits copains pigistes mettent bien dix minutes avant de se concentrer. Les sujets à l’ordre du jour sont tous plus déprimants les uns que les autres.
Je prends un café avec Pierre, qui me rassérène un peu. Yann me propose une piste pour du boulot, qui ne m’emballe pas mais que je vais suivre.
La librairie est sur mon chemin (à moins que je ne choisisse mon stationnement précisément pour trouver la librairie sur mon chemin au retour). Dans le foisonnement un peu superficiel de la rentrée, aucun livre ne me tente. Chacun, ils me donnent une bonne raison de ne pas les saisir. Je ressors sans rien.
Je lis Tout commence par un bruit, de Jean-Guy Coulange.
J’ai un peu de mal à m’endormir. Ces questions de sous commencent à m’accaparer l’esprit.
13 septembre
Ce matin, les pare-brise des voitures garées dans la rue sont recouverts d’une très fine couche de givre. J’enfile un premier pull.
Les peintres dans la rue prennent leurs aises. Le volume sonore de leur radio de chantier est chaque jour un peu plus fort, ils s’interpellent d’un bout à l’autre de l’échaffaudage. Dans cette rue de résidences secondaires fermées, il est sans doute difficile d’envisager que quelqu’un – moi, en l’occurrence – puisse travailler chez lui, juste à côté.
Je prends un café sur la plage, je regarde les groupes de marcheurs nordiques, un tracteur ratisse la plage, les enfants se font rares.
Je découvre les vidéos de Christophe Manon, qui ont inspiré son Signes des temps, l’autre lecture enthousiasmante de cette année.
Je prépare un petit tofu au lentilles.
Le facteur ne s’est pas embétée à glisser Le Matricule des anges dans la boîte aux lettres, il était sans doute plus simple de le bourrer, et de le rendre illisible.
Je reçois dans la soirée un mail d’un de mes commanditaires m’informant qu’il manque un élément dans une facture que j’ai émise mi-juin, manque retardant le paiement, que j’attends pourtant urgemment.
14 septembre
Je cours 33 minutes.
Je suis d’humeur joueuse, je joue au Bingo avec les Captcha pour voir jusqu’où il me considère comme « pas un robot ».
15 septembre
Nous marchons sur la plage, avec ma chérie. Nous croisons un cousin qui vient de s’installer. Small talk. Nous allons nous avachir dans les banquettes ras-du-sol d’un café de la plage.
Je lis J’ai décidé d’arrêter d’écrire, de Pierre Patrolin, qui était dans ma bibliothèque et que je pensais avoir lu. Mais non, je ne l’avais pas lu.
Nous commandons des crêpes au bout de la rue, que nous ramenons chez nous pour les manger en dessert.
Le soleil se couche au bout de la rue, c’est l’époque de l’année où ils peuvent être impressionnants. C’est le cas ce soir. Il fait froid sur la plage, mais nous migrons en famille pour profiter de la vue.









