7 octobre
Je cours 37 minutes, mes bobos au mollet et à la cuisse restent contenus.
Je retourne au petit salon des éditeurs régionaux. Je papote avec Denis, j’assiste à des lectures qui m’ennuient un peu, je reste spectateur d’un petit milieu où je ne me reconnais pas. Je discute avec une éditrice et je lui remets quelques textes. Je ne connais pas sa maison d’édition, qui semble pourtant intéressante, et elle me demande de la rappeler début décembre. Je raccompagne Denis en voiture. Il habite à deux rues de ma belle-mère.
8 octobre
Je reprends l’écriture d’un texte, vieux de plus de dix ans. Je ne sais pas pourquoi je l’avais arrêté.
Je lis La lumière de Tchernobyl, de Jean-Paul Engélibert.
Je reçois confirmation pour des ateliers d’écriture la semaine prochaine.
Je fais le tour des bouquinistes de la ville pour trouver un exemplaire d’occasion du livre de bibliothèque sur lequel j’ai renversé mon mug mais je fais chou-blanc.
Nous fermons les volets pour la nuit, pour éviter de les entendre battre, en prévision de la tempête.
9 octobre
C’est une petite tempête. Je fais un aller-retour pour accompagner ma chérie à son travail, puis un autre pour Benjamin au collège.
Je continue l’écriture de mon vieux texte.
Nous regardons une comédie faiblarde.
10 octobre
Je cours et trotte 32 minutes. Les douleurs au mollet remontent dans l’arrière de la cuisse.
J’achète le Libé dès historien.ne.s, qui ont droit à une meilleure exposition que les géographes dans le Libé des géographes.
La tempête est passée, il ne reste que le vent et le soleil, il est grand temps de rouvrir toute la maison, de faire entrer de l’air frais et de lancer quelques lessives.
Après une matinée très calme, on m’appelle et me textote de partout alors que je suis en pleine préparation du repas. Cinq minutes de jonglage et touillage, avant un retour au calme.
Repli en urgence du linge mis à sécher quand tombe une ondée.
Je grimpe sur l’échelle pour faire basculer les tiges du solanum, bousculées par le vent, du bon côté du portail.
J’imprime les cent vingt-deux pages d’un recueil qui me semble tenir debout. Je passe l’après-midi à lire, relire, corriger, modifier. L’écriture du courrier d’accompagnement me semble embrouillée, alambiquée, faussement réfléchie. J’aspire à un peu plus de spontanéité.
Les invitations sont lancées pour samedi.
11 octobre
Je vais faire relier deux exemplaires de mon texte. J’ai presque envie de les garder pour moi. Je doute que miser sur l’édition pour me sortir de mon marasme soit un pari très prometteur mais j’ai envie de jouer quand même.
Je vais chercher Junior à son travail, son train a été supprimé. J’attends sur le parking, sous la pluie. Attendre dans l’habitacle d’une voiture est une des situations les plus apaisantes que je connaisse. On n’est rien censé faire d’autre qu’attendre, d’ailleurs on n’a rien d’autre à faire.
12 octobre
Je trottine 19 minutes et ma cuisse me fait mal. Je cours en boitant, c’est n’importe quoi. Je reviens devant un arc-en-ciel complet aux deux-tiers.
Je prépare deux fougasses pour l’apéritif de ce soir.
Je me décide à retourner le bouquin sur lequel j’ai renversé du café à la bibliothèque municipale. Les dégâts ne sont visibles que sur la seule tranche supérieure du livre, ça fait une vilaine marque marron, ça n’empêche pas la lecture, mais enfin, c’est bien visible. J’ai tergiversé jusqu’à ce jour quant à la bonne attitude à adopter : remplacer spontanément le livre (je l’ai cherché en solderie), avouer le méfait et me soumettre à la décision de la bibliothèque, le retourner sans rien dire. Je m’en tiens à cette dernière option : je dépose le livre sur la banque de prêt, la bibliothécaire le scanne et le range sur son chariot des retours. Et voilà, beaucoup de nœuds aux cerveau pour rien. Je ne pose plus mon mug de café sur mes piles de livres.
Nous cuisinons une copieuse minestrone avec ma chérie. Deux amis se décommandent : l’amie a une cheville pétée. Comme il s’agit des amis à qui nous avions nous-mêmes fait faux bond l’an dernier pour cause de tempête (une beaucoup plus grosse tempête que le coup de vent de cette semaine), nous sommes quittes. Nous débutons la soirée par un détour sur la plage pour regarder le coucher du soleil. La minestrone fait l’unanimité.
13 octobre
Nous allons faire un tour à vélo avec ma chérie, tant pour occuper la matinée que pour faire travailler cuisses et mollets. Pourquoi n’y a-t-il que quand je cours que ceux-ci me font mal ?

J’expédie rapidement la lecture de Autoportrait sans moi, de Pierre Ducrozet, qui me gonfle un peu.
