21 avril
Je cours une heure et deux minutes.
- Il y a peu de cerf-volants déployés sur la plage, mais je suis presque seul à en profiter.
- Sur le sable mouillé, et sous un ciel gris, une douzaine de flamants roses esseulés, fichés sur des canes et gonflés de vent, scrute l’horizon.
- Un bécasseau, courageux, ne s’envole pas quand je passe juste à côté de lui.
- Un authentique marcheur athlétique se déhanche, désossé, à vive allure.
- L’homme qui court vers moi dans le marais porte une lourde veste en daim, et un pantalon et des chaussures de ville.
- J’assiste à trois ramassages de crottes.
- Aucun coureur ne répond à mes saluts de la tête, sauf le dernier.
< peut-être une image de flamants roses sur une plage >
Hier, J.D. Vance annonce après sa visite qu’ »il prie pour la bonne santé du pape » et aujourd’hui, le pape meurt. Étrange.
22 avril
J’esquisse quelques pas de danse sur la muzak d’attente électro-planante du S.A.V. d’IKEA.
La phrase du jour, dans la bouche d’un ultra-trailer dans le portrait de Libé : « Là, par exemple, j’ai eu l’idée de faire Paimpol-Rennes en écoutant Purple Rain. »
Après-midi en ville avec E. Nous passons à la médiathèque, puis à la BU, puis dans pratiquement toutes les librairies de la ville et nous restons très raisonnables.
Je suis surpris du tintement cristallin d’une massive cloche du XVIIIe heurtée d’une simple chiquenaude.
23 avril
Forte pluie le matin, je reporte ma course puis je cours une heure et quatre minutes en fin de journée.
- Quelques tentes vides du festival restent encore sur la plage.
- Un vent fort, plein ouest, annonce dès le départ que la course va être compliquée.
- Peut-être une trentaine de kite-surfs sur l’eau.
- Le chemin des dunes est inondé, je bifurque.
- On me double, et c’est assez rare pour le noter (non pas que je coure particulièrement vite, mais je cours le plus souvent seul.)
- J’effectue le retour tête baissée, visière abritant le nez, le regard fixé quelques mètres devant mes pieds.

24 avril
Nos mères vieillissent et ma belle-mère appelle à l’aide, au petit matin.
Équilibre familial : R. monte dans le train duquel descend F.
Nous faisons en marchant mon parcours de course.
Crêperie en famille.
25 avril
Je cours 59 minutes.
- Un tracteur ratisse le sable.
- Un coquelicot, seul, dans les herbes hautes.
- Un cocker, seul, dans les herbes hautes.
- Un coureur que je double puis croise.
- Une coureuse que je croise puis double.
- Un promeneur qui marche en se tenant la nuque.
Je cours cinq minutes de la gare à la maison pour récupérer la voiture. Nous venons de rater le train, que nous avons vu partir devant nous.
Nous regardons manœuvrer les bateaux dans le bassin. La passerelle relevée nous empêche de passer.
Aujourd’hui c’est moi qui fait des chiquenaudes aux cloches, qui sonnent toujours aussi juste.
Première glace de l’année : sorbet chocolat. Bof. Je crois que j’ai durablement cessé de trouver dans les glaces un petit plaisir des beaux jours. Juste, désormais, un gros business industriel et juteux, et conséquemment sans saveur.
J’accompagne F., aphone, à la pharmacie pour acheter un sirop. La pharmacienne pense que ce ne sera pas suffisant et organise en direct un rendez-vous chez un médecin proche, chez qui nous ne sommes pas patients, pour obtenir une ordonnance plus efficace : il nous attend dans cinq minutes, à deux rues d’ici. Nous vivons dans une oasis médicale.
26 avril
Nous regardons Oh, Canada, de Paul Schrader, puis The Card counter, du même.
27 avril
Le chanteur, de Daniel Balavoine hante nos esprits depuis quelques jours. Il s’en trouve toujours un parmi nous pour en fredonner involontairement des fragments et relancer la machine.
Sieste et lecture au soleil. Je lis Un temps de fête, de Guillaume Decourt, puis La Maison, de Julien Gracq.
Nous jouons à Daybreak en famille et sauvons la planète dès la deuxième partie.
