11 août
Ce pauvre mois d’août n’y est pour rien, mais quand j’entrevois la perspective de septembre, c’est un sentiment d’empressement qui me vient, la hâte d’y être enfin. La fête estivale est trop longue et je ne m’y amuse plus.
Aujourd’hui, tandis que chez nous, « la vigilance rouge est étendue à mardi dans 12 départements » et que « la vague de chaleur devrait durer « au moins » jusqu’au 15 août », « le Japon appelle à évacuer à la suite d’inondations et de glissements de terrain dans le Sud-Ouest » et, en « Espagne : plus de 1 000 personnes [sont] évacuées à cause d’incendies dans le nord-ouest du pays. »
Je ne cours pas, ni une heure, ni quelques minutes.
- Ni baigneurs, ni baigneuses
- Ni pelleteurs, ni pelleteuses
- Ni laisse, ni nœud
- Ni cale, ni annexe
- Ni cycliste perdu, ni objet trouvé
- Ni grue, ni échassier
À 9h27, j’ai encore un doute sur la nécessité de fermer déjà toutes les ouvertures de la maison. À 9h45, je ne l’ai plus, c’est de l’air plus chaud qui entre, puis très chaud qui nous enveloppe.
Mairie, médiathèque. Lieux climatisés.
Au terme d’une journée caniculaire calfeutrée, la température intérieure de la maison se stabilise à 27 °C, ce qui fixe un repère : la maison est à son optimum thermique, ça ne devrait pas monter plus haut. C’est déjà trop mais on peut tenir jusqu’au soir.
Alors que notre salut repose en la possibilité de rafraîchir les maisons la nuit en laissant toutes les ouvertures grandes ouvertes, les voisins d’en face à droite reçoivent une palanquée d’amis ricanants. On ne peut pas leur en vouloir. Je me coiffe d’un casque, j’en profite pour découvrir Mongolfier brothers.
12 août
Dès 7 heures, les voisins d’en face à gauche discutent à voix bien haute dans la rue avec l’ami qui les quitte, et qui klaxonne pour marquer son départ, quand toute le voisinage dort encore. La discrétion, vertu sacrifiée sur l’autel des fortes chaleurs.
Je ne cours pas et ça commence à me manquer. On se sent vite plus mou sans exercice. La moindre chips fait l’effet d’un steak. Mes mollets méritaient ces vacances.
Matinée de mails administratifs.
Je passe le karcher chez ma belle-mère.
Le soir, la chaleur caniculaire est moins perceptible, on respire mieux.
13 août
Toute la famille embarque pour une journée à Limoges. Nous cherchons la meilleure option pour maîtriser la température dans la vieille voiture au système de chauffage défaillant. Une partie du trajet se fera toutes fenêtres ouvertes. Born to be wild.
Le patron du petit resto où nous nous installons ne se montre pas bien disposé à accueillir ses clients. Il prétexte une terrasse entièrement réservée pour refuser quelqu’un, tente d’imposer les plats qu’il entend cuisiner. Les plats sont chers pour ce qu’ils sont. Mauvaise pioche. Nous n’y reviendrons plus.
Nous sommes six dans le nouveau logement de F.. Nous prenons des mesures et faisons des plans virtuels pour tenter de la loger au mieux de l’espace disponible. La température monte vite.
Retour dans la soirée sur une autoroute déserte, soleil couchant. Born to be wild again.
Je reçois un mail de T. B. Reprise de contact et proposition amicale de collaboration.
14 août
Finalisation de démarches en ligne, pour E., pour F. Je fais des listes, je biffe les petites choses faites.
Au loin, une chorale estivale s’époumone sur Partenaires particuliers (puis sur Macumba). Cette semaine marque clairement l’habituelle bascule de notre tolérance face à l’affluence touristique.
15 août
Sieste.
Je rédige le portrait de D. en deux petites heures. J’aurai donc mis un mois et deux heures pour boucler ce travail.
La canicule n’avait pas dit son dernier mot. Cette journée est pire que les précédentes. Baignade. La chaleur ne descend pas la nuit. Les voisins s’engueulent jusqu’à minuit passé et il y a du tatapoum au loin. Rendez-moi le mois de novembre.
16 août
Les voisins recommencent à s’engueuler, toutes fenêtres ouvertes, dès 6h15 ( » – Je me suis pissé dessus. – Tu t’es pissé dessus ?! oh bordel, mais pourquoi tu t’es pissé dessus ? putain y en a partout !!! »)
Nous tentons une baignade matinale, la mer est haute, l’eau est claire, on voit parfaitement bien les méduses. Baignade à mi-mollets et demi-tour.
La chaleur n’est pas vraiment redescendue durant la nuit. C’est beaucoup moins tenable à l’intérieur de la maison.
Nos vieilles mères finissent par ne plus savoir jouer – faux – qu’une sempiternelle complainte. On écoute gentiment mais ça heurte l’oreille.
Les fumées d’incendies de la péninsule ibérique voilent la lumière du soleil, inhabituelle.
Je lis Chercher une phrase, de Pierre Alferi.
17 août
Nous sortons de la canicule. La côte est couverte d’une brume de chaleur, fraiche paradoxalement.

Parfois, j’ai l’impression que la seule chose que me disent vraiment certaines notes des blogs que je lis, c’est : « Regardez comme je suis concerné·e/impliqué·e/engagé·e/enragé·e par le sort du monde. » Ce n’est pas l’engagement qui me pose problème – je suis le plus souvent en accord avec les causes défendues – c’est son affirmation appuyée, et la posture morale sous-jacente.
