25 août
Je ne cours toujours pas, mais ça commence à me démanger.
J’ai du travail en instance mais je ne suis pas prêt, c’est encore trop tôt.
Les touristes ont considérablement reflué. C’est très sensible. La saison touristique semble s’être cantonnée cette année aux trois premières semaines d’août. Les canicules répétées et la cherté d’un séjour sur le littoral ont possiblement commencé à détraquer le modèle.
Je sors les outils et bricole un petit truc pour l’installation à venir de F.
26 août
Je me résous à remettre les mains dans le travail, j’écris deux articles aujourd’hui. Je me lance enfin dans la retranscription de mon entretien avec C. Je regrette que cet entretien ait été trop court, parce que je rencontre trop peu de photographes, parce que je me sentais des affinités avec le travail de C., parce que C. ne semblait pas manifester une envie débordante d’être interviewé, parce que maintenant, je n’ai pas beaucoup de manière pour raconter une histoire intéressante. Je cherche l’extrémité du fil dans la pelote, c’est parfois un peu long.
La mer est grosse, on nous annonce l’arrivée d’une « houle cyclonique », qui pourrait prendre la forme d’une tempête d’été.
Je suis en train de m’endormir, et des palpitations me réveillent en sursaut.
27 août
Je ne cours toujours pas.
La semaine est consacrée aux départs prochains des enfants, avec toute une série de démarches et de préparatifs, comme ce matin un appel à notre assurance. La dame au téléphone a du mal à comprendre une petite subtilité familiale. Elle est pleine de bonne volonté mais s’embrouille malgré elle.
Nous faisons la tournée des entrepôts, pour équiper les logements de chacun.
Je me plante dans la mesure d’une barre de rideau, faute d’avoir vérifié ce que j’avais pourtant noté. Je suis quitte pour retourner dans la grande surface.
Bientôt nous nous retrouverons deux, C. et moi, durant la semaine. C’est la première fois en vingt-deux ans.
28 août
Je m’achète enfin de nouvelles chaussures de course.
Je rédige enfin le portrait de C. Cet été, j’ai eu le plus grand mal à écrire deux portraits. Je crois que j’arrivais un peu à saturation. Il devient difficile de trouver à chaque fois un angle pertinent. Mais je ne veux pas arrêter.
Nous accompagnons R. pour son état des lieux. Son propriétaire est très méticuleux, l’appartement est nickel. Il répète à plusieurs reprises qu’il a lessivé le plafond, qui était « immaculé de crottes de moucherons. » Il faut choisir : soit c’est maculé, soit c’est immaculé.
29 août
Gros passage orageux vers 6h. La pluie s’invite dans la maison.
Les nuages s’amoncèlent.
Ma sœur aînée entre, une nouvelle fois, à l’hôpital. Il faut ajouter ça dans un emploi du temps déjà chargé. Ma seconde sœur est là, heureusement, et j’ai bien conscience de me reposer sur elle pour cette partie familiale de la merdasse des jours.
J’écris un article. Je rappelle l’assurance. Je prends et coche les tâches une par une, « one by one », comme nous l’avait gentiment recommandé une voisine à un autre moment chargé de notre quotidien.
30 août
Nous ne faisons jamais de grosses courses en grande surface. Nous faisons donc aujourd’hui une exception et poussons notre caddie dans les allées. 200 €.

31 août
Il pleut à nouveau. Je me lève dans la nuit pour faire un état des infiltrations. Ça ruisselle un peu, juste en sortie d’un interrupteur électrique. Rien d’inquiétant donc. Il va falloir rappeler l’assurance, pour un nouveau dossier de sinistre.
Nous emménageons R. Il a peu d’affaires à déplacer mais suffisamment pour que l’on souhaite le faire en voiture. J’entre sans problème dans la zone piétonne, mais nous restons bloqués pour en sortir, nous avons dépassé l’horaire. Nous restons coincés devant les bornes escamotables. Un riverain nous indique que le seul moyen de se sortir de ce piège est de traverser la place de l’Hôtel de Ville, en toute discrétion bien entendu.
J’accompagne E. en soirée, pour son emménagement, une première en ce qui le concerne. Je passe la soirée avec lui.

C’est le moment de ressortir une vieille « nouvelle en six mots » (à moins qu’il ne s’agisse d’un haïku en deux vers, la case m’importe peu) :
Nos enfants partent,
ce prochain automne.
