27 octobre
Quelques secondes ou minutes avant que mon réveil ne sonne, je rêvais que j’essayais de réserver par téléphone une chambre d’hôtel pour le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges. Une série d’appels infructueux, où je tombais inexorablement sur une machine qui me proposait des choix stupides, où j’étais mis définitivement en attente, où ne répondait que le silence. Je ne me souviens habituellement pas de mes rêves et ça me va. Si je dois consacrer une part de mon sommeil à attendre pour des démarches téléphoniques avec un automate, je préfère franchement ne pas.
Un ami m’a un jour expliqué ce qu’est un rêve d’empêchement. J’étais clairement dedans.
Bonne brise d’ouest-sud-ouest virant ouest-nord-ouest, juste pour m’enquiquiner au retour de ma course.
Nous mangeons dans un petit restaurant bon et pas cher, pour l’anniversaire de ma sœur.
Payer des soins orthodontiques est une malédiction qui ne s’arrête jamais.
En ville, le récent coup de vent a complètement ruiné l’installation de parapluies pour Octobre rose. Le message m’apparaît singulièrement brouillé.

28 octobre
Légère brise d’ouest-sud-ouest.
Il n’existe en réalité que deux saisons : l’heure d’été et l’heure d’hiver. On entre dans l’heure d’hiver légèrement déprimé.
29 octobre
J’écris des articles, je travaille sur un texte perso, rien ne m’emballe.
30 octobre
A la médiathèque, où je suis allé travailler et reprendre un peu mon texte, un gars m’aborde et me demande une aide informatique que je ne peux lui apporter. Il veut extraire la photo qui figure sur son CV en pdf et la déposer sur un dossier de candidature en ligne. Il effectue ses démarches depuis un ordinateur public faiblement équipé et je ne vois pas comment procéder.
Je rate mon train retour, faute d’avoir inversé gare de départ et gare d’arrivée sur mon appli.
31 octobre
Des enfants sonnent dès le matin pour nous réclamer des bonbons pour Halloween mais nous n’en avons pas. Nous leur refilons de vieux caramels, dont nous ne garantissons pas la qualité.
On m’embrouille par mail pour des histoires de numéro de SIRET invalide. J’explique que je n’en ai pas d’autre mais la personne insiste. Je déteste profondément toutes ces démarches administratives et comptables, je mets toujours beaucoup de mauvaise volonté à m’y plonger, j’ai tout de suite envie de tout envoyer balader.
Je vais acheter des bonbons pour éviter d’empoisonner d’autres enfants, mais plus aucun ne passe.
L’horizon lui-même s’est mis aux couleurs du jour.

1er novembre
Je mets habituellement un point d’honneur à ne surtout pas travailler le week-end. Mais ce matin je fais exception et bricole un petit livret pour de prochains ateliers. La tâche m’occupe toute la matinée, je déjeune tard, j’ai l’impression d’avoir pratiquement perdu l’essentiel de ma journée et il me faut le reste de l’après-midi pour retrouver un peu de sérénité. Journée gâchée.
2 novembre
Toutes les terrasses de la plage ont maintenant disparu. La grève prend son allure d’hiver. C’est à ce moment-là que l’on a le plus envie d’aller s’y promener.
Je reprends le chemin de l’île.
