Bonheur portatif

par Philippe Guerry


Journal

  • Septembre, semaine 40 – Traviole, girolles, snipers

    30 septembreÀ 4 heures, je me réveille et ne me rendors pas. J’écris avec une certaine excitation, en espérant que ce que j’écris m’excitera toujours au petit matin. Seule l’écriture semble en mesure de me sortir d’un certain marasme dû à mes déconvenues professionnelles. Je ne suis cependant pas certain que l’écriture seule puisse m’en Continue reading

  • Septembre, semaine 39 – Écureuils, rivière, haïku

    23 septembre Je cours 33 minutes et je rentre juste avant les premières gouttes. J’accompagne Junior à l’aéroport. Nous nous arrêtons dans une grande surface de bricolage pour acheter un adaptateur de prises électriques pour le Royaume-Uni. Le café à l’aéroport est servi dans un gobelet en carton et coûte 2 € 20. Au retour, Continue reading

  • Septembre, semaine 38 – Hameçons, adjudant, inspectation

    16 septembre Je cours 34 minutes. Matinée de travail. Je n’y crois plus. J’envoie des mails pour des articles barbants. Je reçois en retour des propositions de boulots encore plus barbantes, comme interviewer des commerçants pour rédiger des posts facebook. Misère. Je mets à jour mon curriculum pour qu’un collègue le transmette au service comm Continue reading

  • Septembre, semaine 37 – Ray-grass, Clignancourt, girolles

    9 septembre Je me réveille au milieu de la nuit et ne parviens pas à me rendormir. J’ai l’impression d’entendre comme une vibration d’origine électrique, dont je ne détermine pas l’origine et qui m’empêche évidemment de retrouver le sommeil. Je descends et je pose mon pied nu sur le petit corps froid et visqueux d’une Continue reading

  • Septembre, semaine 36 – Coïncidence, coïncidence, coïncidence

    2 septembre Tous les matins, nous prenons connaissance du message de bave argentée qu’une limace laisse à notre attention sur le paillasson. Je cours 30 minutes. Avec la rentrée, la station se vide, nous basculons dans le hors-saison. Au moment de quitter la maison pour aller me promener sur la plage, j’entends les premières gouttes Continue reading

  • Août, semaine 35 – Ébullition, contracture, cotation

    26 août En fin de saison, les riverains voisins atteignent leur point d’ébullition et glissent des mots rageurs sous les essuie-glace, mots rapidement lus, froissés et jetés dans le caniveau devant la maison, où je les récupère le matin, en embrassant ma chérie qui part au travail : Je dois rencontrer Alice à 10h pour Continue reading

  • Août, semaine 34 – Heureux, chanceux, idiot

    19 août Je m’installe sur la terrasse pour relire le petit texte de Thomas Vinau, le noir dedans. Sur le temps bref de ma lecture, deux minuscules araignées m’atterrissent dessus au bout de leur fil, à l’aplomb de la gouttière. Quelqu’un dans le voisinage a installé un de ces carillons fait de tubes métalliques qui Continue reading

  • Août, semaine 33 – Fossiles, spatule, cardigan

    12 août Je suis censé reprendre le travail, mais en réalité je n’ai pas de travail. Tout juste quelques textes à rédiger mais qu’il me sera inutile d’envoyer à mes commanditaires, puisque mes commanditaires sont tous en congés. En outre, des amis doivent se succéder à la maison toute la semaine. Et d’ailleurs, je prépare Continue reading

  • Août, semaine 32 – Limérence, philamatologie, anachorète

    5 août Il faudrait que je me mette doucement au travail mais rien ne me presse encore. Ma chance est que tous mes commanditaires sont partis en vacances, je pourrai donc m’y mettre la veille de leur retour. Conséquemment, je ne fais rien d’autre que lire, un peu la presse (j’essaie de simplement survoler les Continue reading

  • Juillet, semaine 31 – Découvrabilité, baignabilité, pissaladière

    29 juillet On annonce une courte canicule. Nous fermons volets et fenêtres dès neuf heures, pour conserver le plus longtemps la fraîcheur. Je réponds à quelques mails en instance. Je suis désormais dans un entre-deux, entre vacances et travail. Nous regardons Baisers volés, de François Truffaut. Puis je fais une sieste. Je guette sur le Continue reading